Chers vous,

je vous souhaite une belle année 2018,
avec des                           E S P A C E S                 verts, vers, imaginaires, air, respiration…

pour être là simplement ensemble, rêver et penser demain, pour faire exister des interstices vibrants, militants, sensibles, doux, chantants pour habiter le monde autrement.

A bientôt.

Anne

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Un poème, une consigne # 2

Suite à l’atelier Corps Territoire de jeudi à La Halte à Liège (infos ici), j’ai envie de vous proposer une des consignes d’écriture.

La vue est un des sens que nous utilisons le plus pour entrer en contact avec le monde, et parfois les autres sens ouïe, goût, odorat et toucher, selon la sensibilité de chacun, peuvent être désinvestis au quotidien.

La proposition suivante est donc une invitation à se mettre à l’écoute de notre part sensible et de porter son attention sur un seul sens pour savourer ce qu’il y a de singulier dans ce rapport au monde.

Inspiré des inventaires sensibles des Notes de Chevet de Sei Shonagon (Japon-XIe siècle après J.C.) où se déploient les saisons, les montagnes, les insectes, la nature, l’eau, les plus menus détails de la vie quotidienne, les sensations les plus infimes, les tissus, les choses qui font battre le coeur, etc… voici une proposition d’écriture pour se reconnecter à ce que l’on touche et à ce qui nous touche.

Écrivez l’inventaire (pas réduit à une liste mais empreint de souvenirs et d’anecdotes) des choses qui gagnent à être touchées.

Partagez vos textes ou extraits de texte en commentaire 🙂

à venir

Quelques prochains rendez-vous pour sortir de l’hiver.

De belles rencontres autour du corps, de l’écriture, de la voix et des imaginaires à venir. Peut-être nous retrouverons nous  ici ou là? Au plaisir.

L’agenda remonte le temps pour éviter de ne le voir passer trop vite!

17 février 2018

INTERSTICES, contes et récits à trois voix avec Emmanuel Deloeul et Christine Horman

dans le cadre d’un évènement privé à Ecaussines

Le spectacle recherche lieux insolites, vivants et empreints de mémoire pour jouer. Contactez-moi: anne.guinot@gmail.com

11 février 2018

VOL et ENVOL atelier écriture et voix – 10h à 16h

Café La Vieille Chéchette, Saint-Gilles/Bruxelles- Pour en savoir plus: ici

janvier-février 2018

Ateliers de création sonore dans le cadre du projet « Conte de Fischeriens »

Projet mené par l’asbl Urbaniza’son en partenariat avec l’institut Frans Fischer à Schaerbeek

18 et 25 janvier/ 15 et 22 février / 22 et 29 mars 2018

CORPS TERRITOIRE, atelier d’écriture et expérience sensorielles- jeudi de 18h30-21h30

La Halte, Liège- Pour en savoir plus: ici

à partir du 15 janvier 2018

A COEUR VOIX, atelier hebdomadaire chant/circlesongs/improvisation vocale= groupe régulier- lundi de 18h30 à 20h30.

05/02, 26/02, 26/03, 30/04, 28/05 et 25/06 = ateliers ouverts sans engagement à prix libre

Infos et inscription: anne.guinot@gmail.com

C.C. Kali, Liège

14 janvier 2018

VOL et ENVOL atelier écriture et voix – 10h à 16h

Café La Vieille Chéchette, Saint-Gilles/Bruxelles- Pour en savoir plus: ici

09 janvier 2018

Atelier d’écriture créative avec des élèves de 5e et 6e primaire en lien avec le spectacle « La convivialité »

C.C. Jacques Franck, organisé par le CECP en partenariat avec La Roseraie

un poème, une consigne

Je suis tombée par hasard sur ce  poème aujourd’hui.

Je vous en partage un extrait.

 

Je t’équinoxe
je te poète
tu me danse
je te particulier
tu me perpendicuaire
et soupente

Tu me visible
tu me silhouette
tu m’infiniment
tu m’indivisible
tu m’ironie

Je te fragile
je t’ardente
je te phonétiquement
tu me hiéroglyphe

Tu m’espace
tu me cascade
je te cascade
à mon tour mais toi

tu me fluide

tu m’étoile filante

tu me volcanique

(…)

Ghérasim Luca – Paralipomènes [Le Soleil Noir // 1976]

Une mise en musique du poème en entier par Arthur H: ici

Je vous invite à écrire en poésie l’histoire d’une relation (à une personne, à un objet, à un lieu, au monde, à une abstraction, etc.) sur le même principe: Je te…/tu me…+ nom, adjectif ou adverbe.

Prenez quelques minutes aujourd’hui pour écrire.

©Image: C. Dotremont, Logogramme

 

D’où naissent les histoires

 

 

Peinturlures d’Hervé Tullet, une vraie  caverne d’Ali Baba pour tous ceux qui aiment explorer de nouveaux chemins de création et qui cherchent des idées pour animer des ateliers artistiques.

J’ai testé une de ces propositions avec des enfants de 8-12 ans.

Des enfants, des pinceaux, des couleurs. Sur le papier, grand format, des obstacles en tout genre, des petits, des moyens, des grands, des tasses, des rouleaux de scotch, des balises, des bols, des assiettes. Chacun se place à un endroit autour du papier. Le pinceau est une voiture, un vélo ou un skateboard. L’enfant trace des chemins avec son pinceau en évitant les obstacles. Le plaisir de tracer sa route comme on l’entend, au gré des envies. Ah regarde, j’ai coupé la route de A.. Oh regarde, j’ai fait un pont. Eh moi, je fais une grosse route, c’est une autoroute, et moi une petite route qui va pas droit et qui serpente. Moi je tourne autour du rond-point et moi je roule droit devant.

Des routes apparaissent. On regarde. On enlève les obstacles. De la place pour continuer à dessiner la ville: des maisons, des arbres, des gens, des voitures. Les enfants du stage vivent à la campagne. Ils dessinent des maisons mais pas beaucoup, des gens, quelques uns seulement.

Et puis on s’assoit autour et puis on commence à raconter des histoires: à qui appartient cette maison? et qui habite là? A quoi ressemblent-ils? que font-ils?

Une ville est née et aussi mille et une histoires.

 

Chanter, une aventure poétique

Une semaine au centre international Roy Hart dans les Cévennes pour un stage « entraînement vocal créatif ». J’aime chanter, j’adore les Cévennes et suis gourmande de nouvelles explorations, voilà pourquoi je suis là. Et maintenant, une grande envie de partager cette expérience.

Avec Marianne Le Tron et David Goldsworthy, enseignants Roy Hart, nous explorons nos voix et notamment les aigus à travers des vocalises. Pour aller de plus en haut, nous devenons tour à tour diablesse ou riche bourgeoise lançant de l’argent aux pauvres. Nous dépassons nos limites grâce à l’imaginaire. Une folie est là et nous emmène loin dans la voix. Nous expérimentons des personnages. Il faut sortir de soi car l’image de soi et de notre propre voix, nos représentations nous limitent. Explorer le territoire d’une voix libre et sans chaînes.

Il y a autre chose que la technique vocale, cela ne suffit pas. Chanter, c’est un chemin vers soi et vers le monde.

La présence du chanteur-poète-improvisateur basque Beñat Achiary nous ouvre une semaine riche en transmissions.

Il nous invite sans cesse par ces propositions à explorer le traditionnel, le vivant pour le faire vivre et le transformer: nous travaillons aussi bien à partir de « A la claire fontaine » ou de « Summertime ». Ne pas se laisser enfermer dans le passé et les interprétations. Il nous invite à explorer des airs et à les habiter par notre imaginaire, à les malaxer, les rêver, les manger et les donner.

Il nous parle d’où il vient et de ce qui l’habite: les rivières, les arbres, la pelote basque. Il nous invite à explorer d’où l’on vient, et à comprendre quels rythmes et quels paysages se sont inscrits en nous. Il nous invite à une culture incarnée « la cultura en la sangre ». Il nous invite à une aventure poétique et personnelle à travers le chant. Nous chantons « le chant de l’aigle » et nous devenons aigle en plein envol.

Chanter, c’est rendre présent, à la fois revivre comme si c’était la première fois et se rappeler. Il s’agit d’être visité par des images. Une narration. Les échos avec le conte sont très présents.

Nous parlons de matière sonore, le son est la matière qui sert à sculpter l’espace, il y a des entre et des perspectives. La musique est ce qui rend explicite le silence. Et nous, chanteurs, sommes amenés à ne plus regarder que les branches de l’arbre mais les branches et l’espace entre les branches.

Nous découvrons dans le chant non un temps horizontal mais un temps suspendu et vertical composé de plusieurs strates comme des couches archéologiques où se mélangent là d’où l’on vient, les émotions d’hier et de l’ici-maintenant, l’histoire du chant, l’écho du lieu etc.

Beaucoup à apprendre sur la voix et envie de continuer cette aventure.

Si cela vous donne envie de tenter l’aventure: il y a des stages dans les Cévennes toute l’année, c’est ici et des enseignants Roy Hart un peu partout dans le monde, pour les trouver, c’est .

 

 

Du miel et du ciel- retour d’atelier

 

Samedi matin. Il fait gris sur Bruxelles. L’appartement d’une amie accueille La Ruche, un atelier d’écriture poétique et collaborative. 6 participantes autour d’une table, de mots et de thé chaud.

Un tour de table pour s’apprivoiser, dire son prénom et faire un point météo: dire son état intérieur comme une image du ciel. Il y a de la brume, du brouillard, qui cachent des ciels bleus, une aube aux couleurs chaudes, un ciel agité, mais aucune de nous ne s’est laissé prendre par le ciel gris.

Comme les abeilles, explorer un territoire et y butiner. Récolter de la matière à transformer. Expérimenter. Devenir poète.

Lecture du premier texte. R. est émue. Larmes et mots. Une première fois comme une naissance à quelque chose, ses propres mots qui existent dans l’espace, qui s’inscrivent dans le monde, qui se partagent avec les autres. Elle expliquera  le complexe d’écrire, de faire des fautes d’orthographe, de ne pas utiliser les mots justes ou les bonnes structures de phrases. S’autoriser à écrire et y prendre du plaisir. De quoi se décomplexer d’écrire. Une aube pour R.

Être dans l’ici-maintenant. Il drache. On remplace la ballade urbaine par l’exploration de la bibliothèque. Des vocations naissent: C. veut devenir cambrioleuse pour découvrir les titres de livres dans les bibliothèques d’inconnus.

Le plaisir d’écrire seule et aussi à plusieurs voix. Cela invite à sortir de soi, cela nous emmène ailleurs. Là où ça se transforme, là où il y a l’étonnement.

La représentation que l’on se fait de l’écriture, de l’écrire-bien bouge. Notre imaginaire à travers nos représentations nous limite souvent. Pourtant la confrontation aux contraintes d’écriture et au groupe permet de redéfinir les frontières de soi dans l’écriture. Des trajectoires nouvelles s’expérimentent.

Et puis c’est déjà la fin. Quelque chose s’est installé. Une complicité. Des impressions de pas assez, des envies de encore. C’est vrai, la prochaine fois il faudra y penser, moi non plus, je n’ai pas envie d’arrêter.

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« Abeille: petit insecte qui fabrique du ciel » Pef

La poésie d’un bout de bois

C’est la semaine avant les congés de Carnaval. Une tournée des écoles maternelles de ma commune pour raconter des histoires sur l’heure de midi. Une occasion d’aller à la rencontre des plus petits.

Février, c’est le moment du retour de la lumière, c’est l’heure de sortie d’hibernation des ours qui dira si l’hiver est toujours là ou s’ il laisse la place au printemps. Je vais raconter un conte canadien « Le maître de lumière » trouvé dans 365 contes des pourquoi et comment de Muriel Bloch. C’est une histoire de forêt, d’animaux dans le froid et l’obscurité, d’un ours, maître du ciel qui garde la lumière et la chaleur pour lui tout seul, de la révolte des animaux, d’un écureuil, d’un renne et d’une souris qui grimpent jusque dans les nuages pour ramener la lumière sur Terre.

Chaque jour, un nouveau lieu et d’autres enfants, des plus petits des plus grands, des qui t’écoutent en souriant, des qui posent des questions tout le temps, des qui s’animent en riant, des qui chantent et bougent avec toi, des qui proposent des pandas, des qui t’écoutent en silence, des qui sont dans l’étonnement tout le temps.

L’étonnement, c’est ce qui précieux avec les touts-petits et qu’on perd parfois -pourquoi pourquoi- en grandissant. A la fin de l’histoire, les enfants viennent essayer les bois du renne, ils les mettent sur le front et jouent. Ils s’approchent de la lampe et jouent à faire l’ours qui cache la lumière. Certains s’en vont dans la cour en chantant la ritournelle de l’histoire Doum Didim Dam Glaglaglagla. L’histoire poursuit sa vie.

Le vendredi, j’ai oublié mon tabouret dans la salle de classe, je reviens à la sortie des classes pour le chercher. L’instit’ me dit que les enfants ont passé toute la récré à prendre des bouts de bois et à les mettre au front pour jouer au renne. Les autres adultes avaient regardé sans trop comprendre.

La poésie d’un bout de bois, qui devient bois de renne ou peut-être dans d’autres histoires canne, rame ou antenne.

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Dans ma bibliothèque

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L’ombre de chacun de Mélanie Rutten, éditions MeMo

C’est un magnifique album. C’est l’histoire d’un cerf inquiet, d’un petit Lapin qui veut grandir, d’un soldat en guerre, d’un chat qui fait toujours le même rêve, d’un Livre qui veut tout savoir et d’une Ombre. Un récit qui évoque les peurs enfantines de manière poétique et imagée. Comment grandir? C’est une belle question. La séparation avec les parents et la confrontation avec le monde nécessitent que chaque enfant, comme le petit Lapin, puisse sentir  » une petite maison grandir à l’intérieur de lui » afin de retrouver en soi un espace sécurisant, un abri rassurant, qui lui permettra d’explorer le monde sans ses parents. Sans cela, l’Ombre menaçante du monde continuera à planer et à nourrir les peurs. Les illustrations à l’encre de chine noire et de couleurs donnent une profondeur colorée à cette aventure vers la vie.

…à découvrir absolument, pour les enfants à partir de 6 ans et aussi pour les plus grands…

« Moi, président »-atelier d’écriture

Entre l’élection de Donald Trump et les présidentielles françaises de 2017. Un espace-temps pour rêver aux lendemains qu’ils chantent ou qu’ils déchantent? Cette année, le thème du concours d’écriture organisé par la Maison de la Francité s’intitulait « Moi, président ». J’ai donc proposé un atelier d’écriture qui avait des airs de jeu de rôles.

Territoire marin sans limite et sans président, utopie écologiste pour bergeronnette et belette, rêverie poétique, empire poulailler sécuritaire, chacun a dessiné son territoire et  partagé sa vision de l’avenir.

© AFP Martin Luther King lors de son discours « I have a dream », le 28 août 1963